Par Emmanuel Bermann, responsable du programme méthodologie aux Cours du Parnasse 

Dès le collège et le lycée, mais sans doute encore plus dans le supérieur  où les étudiants sont, dans l’ensemble, plus autonomes et moins  maternés, une bonne méthodologie de travail est véritablement  indispensable. C’est cette méthodologie qui va permettre à un étudiant rigoureux, sans être nécessairement brillant, de réussir son parcours dans le supérieur. Bien entendu, on reconnaîtra volontiers qu’en la matière, il existe autant de méthodes de travail que d’étudiants et d’étudiantes. On reconnaîtra aussi que certains conseils s’appliquent différemment chez les uns et chez les autres. Pour autant, sans prétendre à détenir une vérité, l’expérience permet quand même de tracer les contours d’une bonne méthodologie. Emmanuel Bermann, responsable du programme méthodologie aux Cours du Parnasse, nous donne quelques pistes.

Être attentif en cours

Sans doute le conseil le plus rabâché aux élèves durant leur parcours dans le secondaire, l’attention durant les cours n’est pas toujours véritablement exigée des étudiants, dès lors qu’ils ne viennent pas perturber leurs camarades. Cette attention est pourtant l’exigence fondamentale à laquelle chacun doit s’atteler, car elle permet de faire gagner un temps précieux de compréhension et d’assimilation. Cela dit, méfiance : être attentif en cours ne signifie pas pour autant être calme, ni soutenir un effort de concentration durant une heure. L’attention doit nécessairement varier en fonction de l’intérêt de ce qui est dit. Ainsi, on ne soutient pas son attention de la même manière devant un cours magistral ou quand un professeur rend ses copies, écrit au tableau ou démontre un théorème. Par ailleurs être attentif n’empêche pas d’être actif. La prise de notes peut faciliter cette attention. De la même manière, poser des questions, dès que cela s’avère nécessaire, ou participer quand l’occasion vous est donnée, participent à cette attention car cela facilite le travail de compréhension. Au fond être attentif c’est surtout se mettre en condition d’apprendre.

Apprendre à prendre des notes

Généralement, on résume la prise de notes à sa finalité : pouvoir relire son cours une fois celui-ci terminé. Mais la prise de note a d’autres vertus. Elle facilite, pour beaucoup, la mémorisation et la compréhension et elle aide à ne pas se disperser. Ainsi présentée, la prise de notes, à la fois active et efficace n’est pas un exercice des plus évidents. Il suppose d’essayer de comprendre avant de noter pour éviter une prise de notes tout à fait exhaustive qui aurait le double inconvénient d’être épuisante et machinale. Au fond, travailler sur sa prise de notes signifie autant apprendre à maîtriser les abréviations, les signes ou la mise en page la plus efficace, que se forcer à comprendre le sens et non uniquement le son. Mais cela nécessite du temps et de la méthode. 

Apprendre à lire vite et bien

Souvent, dans le supérieur, la masse d’information à lire peut être décourageante. Notamment lorsque le temps manque. Pour y faire face, bien souvent, une lecture partielle s’impose. Mais pas n’importe comment. Une lecture rapide, sans but précis n’a aucun sens. Ainsi, avant de se lancer dans ce type d’exercice, il faut savoir, ce que l’on vient chercher dans un texte et se poser quelques questions de base. Doit-on pouvoir en parler, in fine, de manière globale ? Doit-on pouvoir en citer seulement des passages ? Faut-il au contraire en comprendre finement les détails ? Une fois ces questions posées, et avant de vous lancer dans un survol du texte, balayez l’introduction et la conclusion, qui donnent souvent les éléments clés du texte. Prenez aussi le temps de bien parcourir le sommaire, qui généralement permet de comprendre le plan d’ensemble et l’articulation des idées. 

  • S’agissant de la lecture rapide, elle s’apprend et s’exerce. Elle n’est bien sûr pas naturelle, mais avec une bonne pratique et des méthodes sur comment poser son regard, la progression est rapide.

Apprendre à gérer son temps

Dans le cadre universitaire ou plus largement des études supérieures, la charge de travail n’est jamais la même tout au long de l’année. Ainsi, en fin de semestre à la fac ou lorsqu’approchent les concours dans d’autres formations, le temps de travail est plus resserré. Il est indispensable, dès le début de l’année de connaître parfaitement le calendrier de sa formation pour organiser son temps de travail et ses activités extra-scolaires en fonction. Gérer son temps, c’est aussi connaître les plages de travail au cours desquelles on est le plus efficace. Certains préfèreront travailler le matin. D’autres le soir. L’essentiel est surtout de le savoir pour organiser son temps en fonction. Gérer son temps c’est également gérer ses priorités. Qu’il s’agisse d’identifier les matières aux forts coefficients, celles qui nécessitent le plus de travail, celles sur lesquels on peut le plus facilement gagner des points… ce travail mérite, là encore, une véritable réflexion.

D’autres méthodes

La liste des méthodes à acquérir pour réussir ses études supérieures est longue. On peut aussi bien s’attarder sur des points comme "apprendre à réviser efficacement", "apprendre par cœur", "savoir canaliser son stress", "être à l’aise à l’oral"… Tout cela mérite surtout que l’on prenne le temps d’y réfléchir, et si nécessaire de se faire accompagner sur un ou plusieurs de ces points. C’est d’ailleurs l’objet du programme « Méthodologie » des Cours du Parnasse, qui n’a pas la prétention de fournir des réponses clés en main, mais bien d’être une forme de maïeutique qui aidera chacun à "accoucher" de sa propre méthode.