Entretien avec Matthieu, en 3ème année d'études de kinésithérapie 

Matthieu est actuellement en 3ème année d’études de kinésithérapie, après avoir fait deux années de PACES (Première Année Commune aux Études de Santé). Il revient sur ses deux années d’expérience du concours, cap difficile à passer. 

Comment as-tu décidé de te lancer dans une PACES ? 

J’étais en Terminale S. Deux étudiants sont venus présenter leur parcours dans mon lycée : l’un faisait des études de pharmacie, l’autre était en médecine. Je savais déjà plus ou moins que je souhaitais m’orienter dans cette voie, mais c’est la rencontre avec ces étudiants qui m’a vraiment convaincu. J’aimais beaucoup le côté scientifique de ces études, qui nécessitent quand même un certain sens de l’humain. Et puis, le fait de se dire que l’on sera capable de soigner des gens, c’est très gratifiant.

Comment as-tu choisi ta fac, dans le cadre de la procédure APB ? 

J’avais mis plusieurs universités, dont Pierre et Marie Curie (Paris VI), qui était mon premier choix. Les cours y portent surtout sur l’anatomie, et la biologie, et le concours repose beaucoup sur du « par cœur ». Comme je n’avais pas un très bon niveau en maths et en physique, j’ai pensé que c’était la fac la plus adaptée à mon profil. Mais avec les processus de répartition, les quotas, j’ai été affecté à Descartes (Paris V). Cette faculté est beaucoup plus orientée vers les sciences mathématiques et physiques au premier semestre.

As-tu suivi les cours d’une prépa, parallèlement aux cours de l’université ? 

Oui, je me suis inscrit chez CPCM dès que j’ai eu mon bac. J’avais toujours entendu dire qu’il était bon de pouvoir faire une prépa pendant la PACES (et notamment par les deux étudiants qui étaient venus présenter leurs parcours dans mon lycée, tous deux inscrits chez CPCM). 

Penses-tu que cela t’ait beaucoup aidé ? 

C’est certain ! J’ai d’abord fait le stage de pré-rentrée, qui ne permet pas de prendre de l’avance comme beaucoup peuvent le penser, mais plutôt de bien appréhender la façon de travailler à l’université, très différente du lycée. Les professeurs nous présentent le programme, les nouvelles matières comme la biochimie ou la biophysique, ils nous expliquent ce à quoi on va être confronté. Et surtout, ils nous apprennent tout de suite à travailler sur des supports typiques de la fac (présentations PowerPoint, dossiers, etc.).  

J’ai aussi suivi la formation continue de CPCM, qui représente 4 à 6 heures de cours par semaine, ponctuées de concours blancs. Cela nous permet de revoir systématiquement ce que l’on a vu dans les cours magistraux à la fac (souvent en amphithéâtre), et de pouvoir se pencher plus longtemps sur les sujets qui le méritent. 

Comment se déroulent les cours chez CPCM ? 

Ce qui est vraiment bien chez CPCM, ce sont les petits effectifs. Dans ma classe, nous étions une douzaine. On a vraiment le sentiment d’être encadrés, et d’avoir de vrais échanges avec les professeurs, de pouvoir poser autant de questions que l’on veut. Les professeurs sont très bons et ont beaucoup d’expérience, à la différence des professeurs de TD à la fac, qui sont souvent encore étudiants. 
De plus, les petits effectifs de la classe font qu’on devient très vite solidaires, on devient de vrais camarades, on s’entraide. On est répartis par sections, et par facultés, donc les élèves de ma classe étaient aussi à Descartes. Mine de rien, cela nous donne des repères, on peut facilement se sentir perdu quand on arrive à l’université, dans des promotions qui vont parfois jusqu’à 3 000 élèves ! 

Tu as fait deux ans de PACES. Raconte-nous ta première 1ère année.

Ça a été difficile au début d’un point de vue psychologique. J’arrivais dans une fac que je n’avais pas choisie, avec un programme difficile en physique et en mathématiques, ce qui n’était pas du tout mon point fort. Je n’étais pas dans de bonnes dispositions, du coup j’ai eu beaucoup de mal à trouver un bon rythme de travail pendant le premier semestre, je me disais que je n’allais pas y arriver. Au deuxième semestre, nous avons eu de nouvelles matières, différentes de celles du lycée, qui me plaisaient plus, et grâce aux cours de la prépa, j’ai réussi à mieux m’organiser et à travailler de façon régulière et efficace.  

A l’issue du concours de fin d’année, j’étais classé 756 (sur environ 2 700 classés). Je n’avais accès à rien, mais je savais qu’ayant trouvé mon rythme de travail, je ferai mieux l’année d’après. Je ne me suis donc pas trop posé la question et j’ai décidé de faire une nouvelle année de PACES. 

Comment s’est passée ta 2ème année de PACES ? 

Pendant la PACES, on doit choisir des UE (Unités d’Enseignement spécifiques), qui nous orientent déjà un peu vers le métier auquel on aspire (kiné, sage-femme, dentaire…). Une erreur que j’ai faite lors de ma première PACES est de n’avoir pas pris toutes les UE spécifiques, je n’en avais sélectionné que quelques-unes. Du coup, j’ai diminué mes chances d’obtenir quelque chose lors du classement final. Si j’avais été bien classé, et que j’avais voulu choisir dentaire par exemple, il aurait fallu que je choisisse les UE spécifiques « dentaire ». 

Lors de ma deuxième PACES, j’ai donc pris toutes les UE spécifiques (sans forcément toutes les travailler, en me concentrant sur celles qui m’intéressaient), pour avoir plus de chances au concours et avoir un filet de sécurité.

J’ai continué chez CPCM, qui a une option « redoublant ». Il n’y a que des concours blancs (un par semaine). On a compris le principe des cours à la fac et on n’a pas forcément besoin de repasser par les mêmes TD, qu’on a déjà vus lors de la première PACES. L’enjeu est juste de bachoter et de s’entraîner aux concours, et c’était exactement ce qu’il me fallait pour cette 2ème PACES. 

Quelle a alors été l’issue du concours lors de ta 2ème PACES ? 

J’ai été classé 453 ! Ce classement me donnait accès à « pharma », mais je savais dès le départ que je choisirais « kiné ». En fait, si j’avais eu médecine, je pense que je l’aurais choisie… mais le classement au premier semestre permet déjà de se situer par rapport aux autres et de réfléchir aux différentes options, de choisir sa stratégie. Je connaissais donc mes chances au concours et la spécialisation « kiné » me séduisait. J’étais donc ravi de mon classement, je n’ai absolument aucun regret.

Où en es-tu aujourd’hui ?

Je suis en 3ème année à l’ADERF (l’École de Kinésithérapie de Paris), qui est conventionnée avec Paris V et Paris VI. J’obtiendrai mon diplôme d’Etat l’année prochaine, après avoir présenté mon mémoire. Par rapport à d’autres écoles de kinésithérapie, l’ADERF propose une formation orientée vers la chirurgie et l’orthopédie, donc la médecine finalement, ce qui permet d’avoir une vision assez complète de la kinésithérapie. Pour le rythme de travail, c’est grosso modo un mois de stage, un mois de cours, un mois de stage, un mois de cours… Pour ma part, je suis actuellement en stage en réanimation à Pontoise. 

Penses-tu qu’une prépa soit essentielle à la réussite du concours PACES ? 

Essentielle, c’est peut-être un peu fort… Mais c’est vraiment un gros plus. Le système universitaire est tellement différent de celui du lycée que l’on peut vite se laisser aller, et ne pas travailler correctement. C’est vraiment utile d’avoir un organisme qui nous cadre, et qui nous apprend à travailler. Donc si on peut le faire, c’est mieux. 

Un conseil pour les élèves de Terminale qui comptent entrer en médecine dès l’année prochaine ? 

Il y aurait beaucoup de conseils à donner ! Mais si je devais n’en donner qu’un, c’est de ne pas se prendre la tête dès la Terminale, ni de chercher à s’avancer, à déjà se préparer à l’entrée en PACES. Ils vont suffisamment bosser pendant cette 1ère année, pas la peine de se rajouter une montagne de travail dès la Terminale, alors qu’il y a le bac à réviser, et que c’est la dernière année au lycée, il faut aussi en profiter ! La seule chose qui peut être utile, c’est d’essayer de trouver une bonne méthode de travail efficace. La mémoire est très sollicitée en PACES, mais elle est personnelle à chacun. Mon conseil, finalement, c’est de trouver dès la Terminale comment travailler, en s’exerçant avec les révisions du bac (fiches, notes…).