Entretien avec Michel Gombert, Ostéopathe diplômé de l’ESO (École Supérieure d’Ostéopathie).

Ostéopathe diplômé de l’ESO (École Supérieure d’Ostéopathie)

Comment est né votre intérêt pour l’ostéopathie ?

Après mon Bac, j’ai suivi pendant deux ans une licence de Mathématiques à l’université, sans avoir de projet professionnel défini. En parallèle, je pratiquais le canoë-kayak à haut niveau. À la suite de blessures, j’ai reçu des soins en ostéopathie à la clinique rattachée à l’ESO (École Supérieure d’Ostéopathie). En discutant avec un ami élève à l’ESO et avec les élèves qui me soignaient, j’ai découvert l’ostéopathie ; je me suis renseigné sur le sujet et cela m’a tout de suite plu, j’ai tout de suite su que c’est ce que je voulais faire et je me suis inscrit l’année suivante à l’ESO.

Pourquoi avoir choisi l’ESO ?

J’ai surtout apprécié de pouvoir assez vite mettre la théorie en pratique dans un contexte professionnel, puisque dès la 3 ème année, les étudiants profitent de la clinique de l’École en recevant des patients. Cette mise en pratique, qui recouvre à la fois les gestes d’ostéopathie et le développement de relations avec les patients, m’a beaucoup intéressé. J’ai découvert une nouvelle façon d’apprendre, qui liait directement les connaissances à l’exercice pratique. L’ESO est aussi une des seules écoles en France à avoir des passerelles avec l’université. En 6ème année, j’ai pu obtenir un master 2 STAPS à la faculté d’Évry en parallèle de mes études à l’ESO. Cette formation m’a permis d’obtenir des connaissances nouvelles et de me spécialiser dans le domaine sportif, vers lequel j’ai voulu m’orienter dès le début, étant moi-même athlète.

Où ce parcours vous a-t-il mené ?

Je suis aujourd’hui ostéopathe auprès de l’équipe nationale de canoë-kayak des États-Unis ; j’interviens lors des compétitions auxquelles l’équipe participe en Europe. Grâce à l’ESO, j’ai pu également poursuivre mon parcours de recherche en étant, une journée par semaine, assistant de recherche au sein de l’École. Mes travaux sont complémentaires avec mes activités de praticien : ils me permettent de faire évoluer ma pratique et m’offrent une sorte de formation continue dans l’ambiance collaborative et interactive d’un laboratoire de recherche. Je travaille également pour la clinique de l’ESO en encadrant des élèves qui reçoivent de vrais patients. Cette pratique clinique est essentielle dans le cursus de formation d’un ostéopathe.

L’ESO offre à ses étudiants, avec la plus grande clinique ostéopathique de France (plus de 25000 consultations internes) et ses nombreux stages (15000 consultations externes), des conditions optimales pour se former et devenir un praticien rigoureux et responsable. Je trouve très important de pouvoir transmettre l’enseignement que j’ai moi-même reçu. Le reste du temps, je reçois mes patients dans mon cabinet situé à Chinon, en Indre-et-Loire. Mon quotidien professionnel est donc fait d’activités très diverses, dont certaines peuvent revêtir un caractère international : j’ai ainsi fait une conférence l’année dernière en Italie pour présenter mes travaux de recherche. Tout cela a largement dépassé les attentes que j’avais en entreprenant des études d’ostéopathie !

Comment définiriez-vous le métier d’ostéopathe ?

L’ostéopathe est un thérapeute qui s’intéresse au manque de mobilité de l’ensemble des tissus du corps. Par des tests et un examen clinique, il diagnostique les déséquilibres et tensions accumulées puis traite le patient pour l’aider à retrouver un état de santé satisfaisant.  C’est un métier qui repose sur deux dimensions importantes, l’une relationnelle, l’autre manuelle. Il faut à la fois savoir écouter les gens et aimer travailler sur des corps humains, être intéressé par la physiologie et l’anatomie. Pour moi l’ostéopathe est une sorte d’ingénieur du corps humain, le spécialiste de sa mécanique.

Quelles sont les évolutions actuelles du métier d’ostéopathe ?

 

Le Campus de l'ESO Suposteo à Champs-sur-Marne


Le métier d’ostéopathe est une jeune profession en France qui doit encore se construire et se développer. Évidemment l’activité libérale en cabinet reste la principale activité des ostéopathes mais aujourd’hui Il  y a beaucoup de débouchés qui s’ouvrent dans de nouveaux secteurs. Outre le milieu sportif dans lequel l’ostéopathie prend de plus en plus d’essor, les ostéopathes travaillent désormais dans les maternités pour prendre en charge les femmes  enceintes et les nouveaux nés, dans les entreprises en suivant les salariés directement sur leur site,  dans les maisons de retraire, dans la recherche avec les structures hospitalières ou bien encore dans l’enseignement.  

Il faut savoir que seulement 17 Millions sur 66 Millions de français sont suivis  à l’heure actuelle  par des ostéopathes. On peut donc penser que d’ici à quelques années la demande de patients va continuer à augmenter en même temps que l’offre de praticiens va diminuer grâce à un meilleur encadrement de la formation par les nouveaux décrets du Ministère de la Santé parus récemment.