Entre les frais d’inscription aux concours, les droits de scolarité dans les écoles et le coût de la vie quotidienne, les études supérieures représentent un investissement considérable pour l’étudiant, ou ses parents. Mais il existe des solutions pour financer ses études, et pas seulement l’emprunt bancaire… Au premier rang des solutions de financement innovantes, le « crowdfunding », ou financement participatif. Nous avons rencontré Marjolaine Blazy, diplômée de Sciences-Po Paris en 2003, ancienne de Deloitte Conseil et co-fondatrice de StudentBackr.com, la 1ère plateforme européenne de financement participatif dédiée aux étudiants.

Les études, combien ça coûte ?

Tout dépend du type d’études : pour une année à la fac, entre les frais de scolarité obligatoire, la santé, les livres, il faut compter au moins 300 à 500 euros par an. Les autres filières sont plus chères, avec des variations importantes : de 1 000 euros pour une école d’ingénieurs publique à 10 000 euros par an pour une formation privée en école de commerce, par exemple.

À cela s’ajoutent les frais quotidiens des étudiants qui quittent le foyer familial : 600 à 800 euros par mois en province, 950 à 1200 euros par mois à Paris, d’après L’Etudiant.

 

Pourquoi avez-vous créé StudentBackr ?

Yamin Chalabi, mon associé,  et moi-même, avons 13 ans d’expérience en finance et travaillons depuis 4 ans dans le domaine de l’éducation avec des universités aux Etats-Unis, en France et dans plusieurs autres pays européens, pour mettre en relation des étudiants et jeunes diplômés avec des start-ups à l’international. Cela nous a ouvert les yeux sur un problème majeur du monde étudiant actuel : le financement.

La nouvelle génération aspire à réaliser un parcours scolaire et extra-scolaire long et épanouissant (échanges internationaux, expériences professionnelles valorisantes, etc.) mais elle est souvent limitée par les contraintes financières et la nécessité de cumuler études et jobs étudiants.

Face à l’émergence du crowdfunding, qui bouscule les modes de financements traditionnels, il nous est paru naturel de créer une solution dédiée aux étudiants.

 

Avez-vous été vous-mêmes confrontés à des problématiques de financement pendant vos études ?

Oui, c’est aussi une des raisons qui nous rend sensibles au projet. Même si j’ai eu la chance d’avoir une aide financière de mes parents pour payer l’école, j’ai multiplié les petits boulots pendant mes études, en travaillant comme serveuse, hôtesse, ou en donnant des cours particuliers.

Yamin, lui, était boursier, mais a également travaillé en parallèle de ses études pour couvrir ses dépenses. Nous avons donc tous les deux conscience des difficultés par lesquelles passent les étudiants aujourd’hui !

 

Qu’est-ce que le crowdfunding ?

Le crowdfunding (« financement participatif » en français) est un mode de financement de projets par le public. Il permet de récolter des fonds – généralement de faibles montants – auprès d’un large public.

Studentbackr.com permet ainsi aux étudiants de faire appel aux dons en ligne pour financer leurs projets d’études. Chacun fixe librement le montant et la durée de sa campagne de collecte et peut bénéficier d’un coaching personnalisé.

 

Comment ça marche ?

Chaque étudiant crée son projet en ligne et explique son besoin. Il collecte ensuite les dons en ligne, en sollicitant ses réseaux personnels proches et éloignés : plus il communique, plus il a de chances de succès !

Le site explique pas-à-pas comment faire :

Avez-vous un exemple à nous raconter ?

Bien sûr ! Le projet de Marion par exemple, jeune bachelière prise dans une excellente prépa HEC à Rueil-Malmaison : ses parents habitent à Montpellier et prennent en charge les frais d’inscription, mais le logement en région parisienne est trop cher...

Marion se renseigne sur le loyer d’une chambre chez l’habitant et estime le coût annuel à 5 000 euros. Sa grand-mère l’aidera à en payer la moitié… Elle lance une campagne de crowdfunding pour financer les 2 500 euros restant !

Grâce aux conseils gratuits de son coach StudentBackr, elle réussit à mobiliser son entourage proche, mais aussi des relations plus éloignées. En 2 mois, son objectif de collecte est atteint et elle aborde sa première année de prépa avec sérénité ! Et pourquoi pas, avec l’idée de lancer une nouvelle campagne pour l’an prochain…