Entretien avec Tristan Quélin.

Tristan Quélin est titulaire d’un Master 1 de Droit des affaires à l’université Paris II Panthéon-Assas et diplômé de l’EM Lyon, où il a été admis par la voie des admissions parallèles. Il est aujourd’hui chef de projet Marketing chez Sportfive (groupe Lagardère).

Qu’est-ce qui t’a conduit à entreprendre des études en droit ?

Titulaire d’un bac ES, j’étais un élève correct dans un excellent lycée, mais je ne savais pas exactement quel métier je voulais faire plus tard. J’étais joueur de rugby à un haut niveau au Racing-Métro, mais je n’ai jamais envisagé de carrière sportive. Je pensais vaguement à un métier d’avocat et c’est donc en attendant de savoir vraiment ce que je voulais faire que j’opté pour des études de droit. Je les ai poursuivies jusqu’à l’obtention d’un Master en Droit des affaires, au terme de 4 ans d’études dont une année d’échange à Dublin. Mon parcours universitaire à Assas s’est déroulé sans souci, mais je n’arrivais pas à déterminer pour autant si j’allais être heureux dans l’exercice du métier d’avocat. J’ai donc décidé de faire 6 mois de stage dans un cabinet d’avocat pour découvrir réellement ce travail. J’ai eu la grande chance de vivre une expérience absolument passionnante en droit pénal, mais je me suis rendu compte alors que cela ne correspondait pas à ce que j’aimais vraiment. Outre la dimension psychologique qui peut être très dure, c’est un métier essentiellement analytique, alors que je me voyais davantage dans l’action et surtout dans un métier de relations.

Peut-on faire autre chose que du droit avec une formation juridique ?

La grande difficulté de la faculté de droit, c’est qu’elle ne donne pas d’informations sur les débouchés qui peuvent exister en dehors des métiers juridiques. Pour autant, il est faux d’imaginer qu’on ne fait que du droit après des études en fac de droit. Il existe des passerelles, le tout est de les connaître et de se faire bien accompagner pour réussir à se réorienter efficacement. À titre personnel, je m’étais beaucoup investi dans l’association d’étudiants que j’avais montée à Assas et je me suis rendu compte que j’aimais entreprendre, créer des contacts, monter des projets. C’est ce qui m’a permis de mûrir mon projet et de l’affiner. J’ai décidé de changer d’orientation pour présenter les concours d’admissions parallèles dans les écoles de commerce. Je n’étais pas encore sûr de moi, mais je savais que si je confirmais mon choix de m’orienter vers une carrière non juridique, j’étais sur les bons rails, et que si je décidais de rester dans les métiers du droit, et alors la formation complémentaire en management serait vue comme un atout considérable par les cabinets d’avocats. L’école de commerce s’est donc imposée assez rapidement comme une évidence.

Quels conseils pourrais-tu donner à un jeune étudiant pour réussir ?

« Je suis convaincu que l’université est autant un tremplin pour réussir ses études supérieures que les classes préparatoires. »

Je suis convaincu que l’université est autant un tremplin pour réussir ses études supérieures que les classes préparatoires. Ce qui diffère, c’est l’encadrement du travail car, à l’université, on est laissé totalement maître de ses études. On se sent grandir, on devient capable de mener les choses soi-même et c’est très positif dans le développement personnel : j’ai vraiment eu le sentiment de me révéler à l’université et d’y découvrir des ressources que je ne me connaissais pas avant. C’est une expérience d’autonomie et de liberté que j’ai profondément appréciée, mais c’est aussi ce qui fait peur souvent aux jeunes bacheliers... et à leurs parents, encore plus bien souvent. 

Pour réussir dans cette voie, il faut s’appuyer d’abord sur la base méthodologique acquise au lycée : structurer sa pensée, construire des plans en réponse à des problématiques, rédiger avec clarté et efficacité. Mais la nouveauté, c’est qu’il va falloir apprendre à s’organiser de manière autonome, sans la présence d’un professeur pour guider ou planifier le travail. Les premières années d’études de droit sont des années-test en cela, et c’est ce qui explique que beaucoup d’élèves finissent par se réorienter, abandonnant la voie juridique dans laquelle ils ne sont jamais vraiment rentrés, par manque d’intérêt ou souvent en se laissant dépasser par les événements.

Peut-on se faire aider pour réussir ses études de droit ?

Il faut bien avoir en tête que l’université publique n’offre aucun suivi personnalisé, pas plus pour mener à bien ses études que pour savoir vers quel métier s’orienter. Si l’on veut s’en sortir, il faut se prendre en main, être lucide et se faire aider si besoin par un institut de soutien universitaire qui peut être très pertinent. Au Cours d’Assas par exemple, un institut de soutien universitaire spécialisé dans les programmes de Paris II Assas, on dispose d’un tuteur qui va pouvoir offrir une aide pédagogique et personnelle très précieuse. Ce qui peut être difficile en droit, c’est de ne pas comprendre quelles sont les attentes des professeurs et de ce fait de ne pas être en mesure de construire efficacement son travail personnel. Le tuteur va permettre à l’étudiant de décoder les exercices, d’analyser ce qui est demandé et d’organiser alors en fonction son travail.

Et pour préparer les concours d’admission directe en Grande École ?

Il existe un autre type de soutien très décisif, c’est celui que j’ai reçu au sein de la prépa Admissions Parallèles lorsque j’ai décidé de présenter ma candidature à ces concours. J’étais alors en stage, mais je consacrais certaines soirées et certains weekends à la prépa. Avec Admissions Parallèles, en plus des cours de préparation aux épreuves écrites, j’ai bénéficié d’un coaching personnalisé et d’entraînements à l’oral qui ont fait toute la différence. À la fac, il nous arrivait de passer des oraux, mais on n’y était jamais préparé ni entraîné. Or pour intégrer une école de commerce, il faut savoir quelles sont les attentes du jury, il faut décoder les différents exercices et multiplier les entraînements. Les premiers essais sont parfois catastrophiques, mais la prépa est là pour nous donner les clés et nous aider à nous perfectionner, jusqu’à devenir des candidats très assurés qui vont pouvoir intégrer les meilleures écoles. Ce fut le cas dans ma promotion d’Admissions Parallèles que j’ai retrouvée ensuite à l’EM Lyon, que nous avons été très nombreux à intégrer.

Qu’as-tu apprécié dans cette double expérience d’études ?

« Avec Admissions Parallèles, j’ai bénéficié d’un coaching personnalisé et d’entraînements à l’oral qui ont fait toute la différence. »

En droit, on m’a appris une matière qui est donnée à découvrir dans toute sa complexité, dans tous les aspects possibles, tandis qu’en école de commerce, on apprend à être opérationnel, on apprend un métier. J’ai eu la chance grâce à mon double cursus d’avoir pu bénéficier à la fois d’une formation théorique très poussée, puis d’une formation pratique très proche de la réalité de l’entreprise.

Où ce parcours t’a-t-il mené ?

Cette double formation juridique puis managériale a beaucoup compté dans mon recrutement comme chef de projet marketing chez Sportfive, une société du groupe Lagardère spécialisée dans la gestion des droits marketing et audiovisuels sportifs. Pour une telle entreprise qui embauche un jeune diplômé à la sortie de sa Business School, c’est précieux de savoir qu’il a aussi une certaine connaissance du monde juridique. Je suis profondément convaincu que les études de droit sont vraiment "un plus" dans ma vie professionnelle où l’on me reconnaît des qualités de rigueur, une autre manière de penser et d’aborder les sujets.

Pour moi, une bonne image qui résume cette formation, c’est celle que m’avait donnée un de mes maîtres de stage : « en droit, on apprend à presser le citron jusqu’au bout ». J’ai appris à aller au fond des sujets, à les traiter dans leur intégralité, sans négliger aucun détail. Aujourd’hui, dans l’entreprise où je travaille, j’apporte un autre questionnement. Face à des projets nouveaux, je m’interroge systématiquement : "juridiquement, est-ce possible ?" Mais une fois que j’ai aplani le terrain, je passe à l’action ! Finalement, c’est ce mélange de rigueur dans l’analyse préalable comme d’audace dans la volonté d’entreprendre que je retiens de ma double formation.