par Antoine Desjonquères  

Après une scolarité à Saint-Louis de Gonzague et deux années de classe préparatoire économique et commerciale à Daniélou, Antoine Desjonquères a intégré HEC, dont il a été diplômé en 2014. Il est le fondateur et l’animateur d’Après la Terminale, la plateforme de l’orientation post-bac.

Réussir son orientation, c’est trouver des réponses. Oui mais... À quelles questions ? Beaucoup d’élèves s’interrogent mal parce qu’ils veulent brûler les étapes.

« Comment choisir entre la prépa, l’université ou une école postbac ? Suis-je fait pour des études de droit, de commerce, ou pour Sciences Po ? Ai-je plus de chances de rejoindre une Grande École en passant les admissions parallèles ? Suis-je fait pour des études d’ingénieurs ou de santé ?... » Ces questions, si elles sont légitimes, sont très difficiles. Pour y répondre, vous devez d’abord vous en poser d’autres, plus simples, moins angoissantes. L’orientation doit procéder par étapes, un peu comme les cases du jeu de l’oie par lesquelles il faut passer pour s’approcher de l’arrivée - l’entrée dans le monde du travail – mais en avançant non pas à coup de dés (en matière d’orientation le hasard fait plutôt mal les choses) mais par des recherches, des rencontres, de l’introspection et un peu de mûrissement personnel.

Pour ceux qui se prêteront au jeu ce sera un parcours passionnant, jalonné de défis, et avec au bout du compte le sentiment réconfortant d’avoir vraiment choisi sa voie. Pour les autres, qui préfèreront jouer leur orientation sur un coup de dés (c’est l’orientation par défaut, un piège classique dans lequel tomberont ceux qui choisiront trop vite), les risques sont nombreux : prendre du retard en redoublant faute d’intérêt pour la matière (la fameuse case « patiente en passant ton tour » du jeu de l’oie), devoir changer de voie en se réorientant (« retour à la case départ »), ou même abandonner le jeu et « décrocher »...Pour vous aider à gagner la partie, l’équipe d’Après la Terminale vous propose ses  « 7 questions pour l’orientation », qui sont les étapes qui vous mèneront tout droit à la ligne d’arrivée. Nous suggérons à tous les lycéens de se poser ces questions, qu’ils soient en 2nde, en 1èreou en Terminale. La seule différence entre eux est le temps qui leur est imparti pour y répondre.

1. Quel est mon projet professionnel ?

Rien de bien surprenant jusqu’ici. Et pourtant, combien d’élèves se sont mal orientés pour ne s’être pas assez projetés  au-delà de leurs études et posé sérieusement la question du projet professionnel !Certains semblent connaître leur voie depuis toujours (mais attention aux fausses vocations). Pour beaucoup d’autres, la vie professionnelle se limite à un concept abstrait et lointain. Ils se trouvent ainsi dépourvus face à la question «  que veux-tu faire plus tard  ?  ». Qu’ils se rassurent  ! Il ne s’agit pas de donner une réponse immédiate et définitive. Plutôt de faire émerger des débuts d’idées comme autant de repères pour commencer à réfléchir : Qu’est-ce qui me fait me lever le matin ? Quelles sont les personnes que j’admire le plus et pourquoi ? À quelle occasion ai-je tendu vers un objectif difficile à atteindre et qui supposait la mobilisation de mes qualités ? Me suis-je alors senti en accord avec moi-même ?

2. Quelles matières ai-je envie d’étudier ?

Vos études représenteront plusieurs années de votre vie. Ne les réduisez pas à un simple passage  ! La question de vos goûts pour les matières est primordiale. D’abord parce que pour arriver à une même destination, il peut y avoir plusieurs chemins : si je veux être journaliste, suis-je plus attiré par les enseignements de Science Po, d’une prépa littéraire, ou d’une fac de lettres ? Ensuite, et surtout, parce qu’il s’agit d’un des principaux indices pour valider ou trouver son projet : si je ne suis pas sûr de ce que je veux faire plus tard, je connais au moins les matières que j’aime étudier aujourd’hui, et celles que je n’aime pas et dont je ne veux plus entendre parler !

3. Quelles sont mes chances de réussite ?

Une fois posée la question des goûts, il s’agit d’être un peu stratège. La multiplication des passerelles entre les voies nous invite à quelques calculs : la prépa m’attire mais je ne suis pas sûr de pouvoir y réussir ? Mieux vaut être premier dans son village que second à Rome  ! Un bon parcours universitaire me permettra peut-être d’entrer avec les lauriers dans une école prestigieuse : savezvous que de plus en plus de lycéens de niveau moyen se réveillent à la fac et parviennent finalement à intégrer une Grande École par les admissions parallèles ?

4. Quel rythme de travail suis-je en mesure de suivre ?

« La quantité de travail nécessaire varie énormément d’une voie à l’autre. »


La quantité de travail nécessaire varie énormément d’une voie à l’autre. Quelle est celle que vous pensez pouvoir fournir ? Votre puissance de travail est parfois différente de votre engagement actuel, et il faut alors s’interroger sur votre «  niveau de réserve  ». «  En avez-vous encore sous le pied  ?  » diraient les passionnés d’automobile. Et sachez qu’on ne compte plus les moteurs de Ferrari qui ronronnaient au lycée et qui se mettent à rugir après le bac, grâce à une motivation nouvelle !

5. De quel encadrement ai-je besoin ?


Vous avez besoin d’être suivi et guidé dans votre travail, et vous avez du mal à travailler sans contrôles réguliers ? Envisagez plutôt une prépa, un BTS, ou une école postbac.  Vous n’aspirez au contraire qu’à votre liberté et les mots «  classe  » ou «  surveillant  » vous donnent de l’urticaire ? On vous laissera plus tranquille à l’université… Mais il faudra alors vous imposer une certaine discipline, car les partiels arrivent vite !

6.Quelle durée d’étude suis-je prêt à suivre ?

Tout le monde n’est pas fait pour étudier 10 ans. Si «  l’inflation des diplômes  » continue à rallonger la durée moyenne des études, l’apparition de parcours plus courts, comme les  bachelors  importés du monde anglo-saxon, révèlent une demande d’études plus « efficaces ». Plus axées sur la pratique, ces formations vous donneront les outils nécessaires pour travailler rapidement, sans vous enlever la possibilité de vous spécialiser en les complétant par un master.

7. Dans quel type d’environnement puis-je le mieux m’épanouir ?

« Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible. »


Antoine de Saint-Exupéry

On parle souvent de la « vie étudiante », on devrait parler DES vies étudiantes  ! Celle d’un étudiant à l’université a peu de choses à voir avec celle du préparationnaire ou de l’étudiant de Grande École.Vous ne vivez que pour le groupe  ? La vie d’école est faite pour vous : à la sortie d’un cours, vous serez attendu dans un local d’association avant de rejoindre tous vos camarades pour une soirée. Vous êtes un électron libre  ? L’université vous laissera plus de marges de manœuvre pour organiser votre vie comme vous l’entendez.

Vous l’aurez bien compris, il ne s’agit pas d’un formulaire à remplir pour faire sortir une unique bonne réponse. Ce sont des grands axes pour orienter une réflexion qu’il vous faudra ensuite nourrir. Ce nouveau numéro du Magazine « Après la Terminale » devrait vous y aider  : vous y trouverez des témoignages, des interviews et des informations sur de nombreuses filières d’études. Que ces éléments soient autant de sillons à creuser. Mais ne vous contentez pas de lire le Mag : allez rencontrer des étudiants et des professionnels, allez visiter les établissements, et venez nous rencontrer lors de nos réunions d’information. Si vous êtes déterminés à les dénicher, les bonnes idées finiront par trouver leur chemin. Connaissez-vous cette citation : « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible » ? Antoine de Saint-Exupéry aurait pu être un bon coach d’orientation. Lui-même n’a jamais voulu choisir entre le métier d’écrivain et celui d’aviateur, et il a réussi à exceller dans les deux. La preuve que tout est possible !