Après une terminale scientifique, Joséphine Verhasselt choisit d'entrer en hypokhâgne B/L. A l'issue de sa khâgne, elle est reçue à l’École Normale Supérieure de Cachan au département des sciences sociales. Admise en Master Affaires publiques à Sciences Po Paris, elle y prépare le concours de l’ENA, qu'elle intègre dans la promotion Badinter. Dans sa lettre aux futurs étudiants, Joséphine livre tous les secrets de sa réussite aux concours.

Chers candidats aux examens et concours de France et de Navarre, « Après la Terminale » m’a sollicitée en qualité de « bête à concours » pour vous livrer mes secrets de réussite aux concours. En me remémorant mes étés studieux, je ne garde pas le souvenir d’une besogne harassante, mais celui d’une ascèse intellectuelle hyper féconde. J’espère que ces quelques conseils vous seront utiles et vous souhaite de bonnes révisions !

Joséphine

  Un rythme de vie monastique

J’ai souvent étudié dans les monastères. Non pas que le chant grégorien facilite l’apprentissage mais parce que le rythme de vie monastique est idéal aux révisions : matinal, régulier et scandé de petites pauses. Tâchez d’avoir la vie la plus régulière possible pour vous détacher des contingences matérielles et vous concentrer sur vos cours. Au lieu de tergiverser chaque jour sur l’opportunité d’aller dîner alors que vous êtes au beau milieu d’un exercice, simplifiez-vous la vie en vous rattachant à des horaires bien définis.

 Optimiser son temps de travail

Avant le coucher, pour vous libérer l’esprit et anticiper l’arrivée à la bibliothèque du lendemain, prévoyez minutieusement votre programme de travail. Si les facs comme les lycées dispensent les enseignements sur des plages horaires de deux heures, c’est que cette durée correspond au temps de concentration optimale sur une matière. Donc divisez votre journée en tranches de deux heures. Pour ne pas vous épuiser ni vous lasser, veillez à alterner les matières et les exercices (mémorisation vs exercice).J’ai remarqué que le matin était propice à l’apprentissage. L’esprit, vierge de tout, en alerte, peut ingurgiter de nombreuses connaissances. Le soir, en revanche, la concentration décline, les sollicitations sont plus nombreuses. Il vaut mieux alors s’atteler aux exercices, plus ludiques. D’ailleurs, c’est une bonne manière de mettre en pratique ce que l’on a appris le matin. On finit alors la journée avec la satisfaction de maîtriser de nouvelles connaissances !

  Des pochettes, des sous-pochettes, des sous-sous-pochettes

Épargnez-vous les valises en roulette en bibliothèque et les fouilles archéologiques dans vos vieux cahiers en classant toute votre matière accumulée par pochette. Chaque pochette correspond à une matière. Au sein de chaque pochette, triez vos cours en sous-pochettes afférentes aux principaux thèmes abordés. Dans ces sous-pochettes, classez soigneusement en sous-sous-pochettes :

  •    vos notes de cours,
  •    vos fiches éventuelles,
  •    des photocopies de manuels,
  •    vos copies corrigées,
  •    des annales, etc.

  La méthodologie, clé de la réussite

« Je suis de ceux qui lisent plus attentivement le rapport de jury que le manuel de référence. »

Combien d’élèves brillants ont échoué aux concours faute d’avoir compris ce que le jury attendait d’eux ? Je suis de ceux qui lisent plus attentivement le rapport du jury que le manuel de référence. En effet, une épreuve d’histoire à Normal sup ou à Sciences Po ne requiert pas du tout les mêmes compétences ! À vous de les comprendre à travers les rapports du jury, les annales et les discussions avec vos professeurs. Par ailleurs, gardez soigneusement toutes vos copies, voire les photocopies des meilleurs élèves, pour identifier par le biais des annotations des correcteurs vos marges de progression. En les comparant les unes aux autres vous pourrez déceler les lacunes persistantes et les améliorations naissantes.

  Travailler en bibliothèque

Après six heures de révision dans une chambre de bonne, l’étudiant est devenu un lion en cage... s’il ne s’est pas avachi entre temps pour candycrusher...Les règles strictes de la bibliothèque vous aideront à vous discipliner. Par ailleurs, vous aurez le sentiment que votre sort est largement partagé et qu’il vaut mieux s’accrocher pour être à la hauteur ! Enfin, Paris regorge de somptueuses bibliothèques (BSG, Forney, Beaubourg, BNF) dans lesquelles c’est un luxe d’étudier !

  Choisir ses sources

Il faut hiérarchiser ses sources. Commencez par maîtriser le cours du prof qui, théoriquement, colle le plus aux exigences de l’examen final. Par ailleurs, vous le retiendrez mieux car l’avez suivi en chair et en os. S’agissant des manuels, connais-toi-toi même ! Selon que votre mémoire est visuelle ou non, que vous appréciez l’exhaustivité ou la problématisation, vous choisirez un manuel de référence plutôt qu’un autre. Il faut en choisir un et le maîtriser sur le bout des ongles plutôt que de dévaliser Gibert et de perdre la tête en feuilletant 1000 pages.